Live reports

02/02/2018

© Frédéric Ragot

Jhené Aiko

Élysée-Montmartre, Paris 18e

Sac à dos sur l’épaule, veste de jogging tombante, la voilà qui débarque innocente au milieu d'une scène parée de plantes luxuriantes. Derrière, le large écran ne cessera de diffuser des compositions vidéo. Prolongeant ses albums, Jhené Aiko invite au voyage et soigne son image. Seulement la chanteuse californienne voyage léger : à ses côtés un type aux claviers (qui cogne aussi sur quelques pads) et une harpiste plus décorative qu'essentielle. Et c’est tout. Le reste sort de l’ordinateur, dont une bonne partie des voix et des chœurs d’Aiko elle-même. Un peu limite.

 

 

 

 

 

Ça n'empêche pas son magnétisme vocal et sa beauté fragile d’irradier tranquillement la salle (un Elysée-Montmarte complet, tout de même). En toute logique Jhené Aiko fait surtout et d’abord honneur à “Trip”, son deuxième long format paru récemment qui possède peut-être ses meilleures chansons mais qui s'essouffle sur la longueur (21 titres !). En enchaînant très tôt While we’re young et Sativa, on se dit qu’elle va en profiter pour focaliser le répertoire sur la crème, en fait elle jouera aussi une bonne partie des titres plus communs, et replongera dans les titres de ses débuts en solo via “Sail Out” (2013) et “Souled Out” (2014). Pour le grand plaisir d’une salle toute acquise, brandissant une nuée de smartphone sur des titres phares comme Bed peace et The worst.

 

 

 

 

 

 

Mais ce show millimétré d’une heure trente (avec bon nombre de versions écourtées pour caser un maximum de titres) pose clairement les limites d’une configuration aussi minimaliste. À part trois changements de tenues, pas grand-chose pour relancer l’attention, si ce n’est lorsqu’Aiko se charge de la partie rappée par Kendrick Lamar sur Stay ready ou pousse sa voix vers la soul dans Frequency. Ailleurs, son R&B posé qui mise sur la confession au creux de l’oreille souffre donc d’un rendu scénique beaucoup trop linéaire. On peut être ému de la voir émue, apprécier ses allers et venues et sa franchise apparente, mais aussi sentir assez tôt s’installer une pointe d’ennui voire une certaine frustration. Alors pour conclure va-t-elle se lâcher sur OLLA (Only lovers left alive), son seul titre réellement dancefloor, tendance electro-funk du milieu des 80’s ? Non, le titre sera simplement diffusé comme bande-son à une distribution de roses. Charmant mais léger.

Nicolas Teurnier
Photos © Frédéric Ragot

 

 

 

 

L'actu Soul Bag

Pages :
Le 15/12/2018
Le Triton, Les Lilas (93)
Le 12/12/2018
Hard Rock Café, Paris 9e
Le 30/11/2018
New Morning, Paris 10e
Le 28/11/2018
Le Phare, Tournefeuille (31)
Le 27/11/2018
Les Étoiles, Paris, 10e
Le 26/11/2018
Dôme de Paris, Paris 15e
Le 24/11/2018
Fuzz’Yon, La Roche-sur-Yon (85)
Du 23/11/2018 au 24/11/2018
Le Mans (72)
Le 23/11/2018
Théâtre Charcot, Marcq-en-Barœul (59)
Le 23/11/2018
Le Sax, Achères (78)
Le 19/11/2018
New Morning, Paris 10e
Le 18/11/2018
Quai Branly, Paris 7e
Le 17/11/2018
Théâtre Traversière, Paris 12e
Le 16/11/2018
La Seine Musicale, Boulogne (92)
Du 16/11/2018 au 17/11/2018
Montfort-sur-Meu (35)