Live reports

15/07/2017

Macy Gray © OTC Antibes Juan-Les-Pins/Gilles Lefrancq

Jazz à Juan

Antibes Juan-les-Pins (06)

Assister à un festival de jazz dans le cadre enchanteur de la Pinède Gould de Juan-les-Pins avec la Méditerranée en toile de fond reste un moment privilégié. Pour cette cinquante-septième édition, la programmation joue la carte de l’éclectisme éclairé afin de satisfaire les goûts d’un public venu nombreux.

Luke Elliot et ses musiciens norvégiens ont ouvert la soirée du lundi 17 juillet devant un parterre de fans. Doté d’un physique avantageux et d’un regard sombre, Luke Elliot est un crooner dont le chant mélancolique, difficile à caractériser, évoque fugitivement Bruce Springsteen, Leonard Cohen et Tom Waits. Autrement, il sait faire beaucoup de choses : il joue de la guitare et des claviers et sait animer un show, le tout dans un esprit évoquant plus la world music que le jazz.

 


Luke Elliot

 

Après cette agréable introduction vînt le duo constitué de Taj Mahal et Keb' Mo'. Les deux complices surent jouer de leurs différences pour réaliser un beau concert marqué par des versions remarquables de Señor blues et de Waiting on the world to change. La voix de Taj Mahal, dont c’était la troisième apparition à Juan-les-Pins, distille toujours cette profondeur qui rend son art si précieux. Sur ce point, Keb' Mo' ne lui cède en rien avec un chant et un jeu de guitare enracinés dans la grande tradition du blues.

 


Taj Mahal, Keb' Mo' 

 


Keb' Mo'

 


Taj Mahal

 

Il revenait à Tom Jones et à ses musiciens de clore la soirée. L’éternel crooner à la voix de velours possède une présence scénique et un professionnalisme irréprochables qui lui ont valu les faveurs des spectateurs admiratifs devant son show mené à cent à l’heure. Son répertoire ratisse large en mêlant le rock, le rhythm and blues, des gospel songs (Didn’t it rain) et ses succès commerciaux (What’s new Pussy cat?, Burning hell, Run on, Sex bomb).

 


Tom Jones

 


Tom Jones

 

Le lendemain, le Wayne Shorter Quartet prit possession de la scène. Âgé de quatre-vingt-quatre ans, Wayne Shorter reste une figure de proue du jazz. Explorateur infatigable, passant du ténor au soprano, il distribue les rôles, saisit au vol les idées de ses musiciens, les développe, en propose d’autres pour distiller une musique parfois somptueuse, à la fois débridée et structurée, faite de surprises et de citations inattendues. Jouant un rôle de catalyseur, Danilo Perez (p), John Patitucci (b) et Brian Blade (dm) ont largement contribué au succès de l’entreprise.

 


Danilo Perez, Wayne Shorter, John Patitucci

 


Wayne Shorter, John Patitucci

 


Wayne Shorter

 

L’intensité ne baissa pas d’un cran avec le quartette de Brandford Marsalis contitué de Joey Calderazzo (p), Eric Revis (b), Justin Faulkner (dm) et le chanteur Kurt Elling. Tous proposèrent une musique vivante du plus haut intérêt en jouant sur une entente et une complicité de tous les instants. Le jeu inventif de Joey Calderazzo distille une énergie incandescente qui pousse ses partenaires à donner le meilleur d’eux-mêmes. Improvisant en scattant avec un swing qui charge son chant d’une dimension instrumentale, Kurt Elling est aussi capable de transcender les paroles des ballades dont il reste un interprète hors pair. En guise de conclusion et de clin d’œil à la tradition, une version habitée de Saint James infirmary avec Kurt Elling rendant les sons d’une trompette bouchée en s’aidant d’un verre et du micro. Une belle soirée.

 


Brandford Marsalis

 

 

La soirée du mercredi 19 juillet était consacrée à la voix. Celle de Macy Gray, qui ouvrait la soirée, la range dans la catégorie des divas de la soul. Très à l’aise sur scène, elle communique facilement avec son public et se permet de chambrer avec humour les spectateurs trouvés, à son goût, trop placides. Elle a fait vivre avec brio un répertoire bâti autour de ses succès et de titres issus de son dernier album. Alternant les tempos rapide et lent, elle a fait preuve d’une autorité vocale qui donne parfois à son chant la dimension d’un prêche (It’s a beautiful time). La qualité de son orchestre constitué de William Wesson (claviers, vo), Jonathan Jackson (claviers, ts), Caleb Speir (b) et Tamir Barzilay (dm) a largement contribué à la qualité d’ensemble du show.

 


Macy Gray

 

 

 

Lui succéder n’était pas facile et Gregory Porter, dont c’était la deuxième venue à Juan-les-Pins, a dû relever un vrai défi. Son chant élégant renvoie à Marvin Gaye (What’s going on) et à Nat King Cole, son idole, en utilisant les ressources du jazz et de la soul. On y trouve des subtilités et des nuances qui exigent une implication totale de la part du chanteur et de ses accompagnateurs (Tyven Pennicot (ts), Chip Crawford (p), Jahmal Nichols (b), Emanuel Harrold (dm)). Le message est passé malgré quelques flottements, même si le chanteur a paru parfois un peu en deçà de ses possibilités.

 


Gregory Porter

 

 

Alain Tomas
Photos © OTC Antibes Juan-Les-Pins/Gilles Lefrancq

jazzajuan.com

 

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