Live reports

12/05/2017

© Frédéric Ragot

Avery*Sunshine

Bizz'Art, Paris 10e

La précédente visite française d’Avery*Sunshine, en novembre 2015, avait été éclipsée par l’actualité tragique, mais sa prestation sur la scène du Bizz’Art, maintenue malgré tout, avait inspiré à la chanteuse un hymne, Prayer room, créé à cette occasion et qui figure sur son nouvel album, “Twenty Sixty Four”. C’est d’ailleurs le répertoire de ce disque tout juste sorti qui constitue la base du programme de la soirée, à la déception (relative) de certains admirateurs de la chanteuse qui l’entendent pour la première fois et auraient aimé plus de titres plus anciens. Comme toujours (jusqu’ici en tous cas) lors de ses tournées européennes, c’est avec son “âme sœur” à la scène comme à la ville (ils se sont mariés il y a un an) Dana Johnson à la guitare et en s’accompagnant elle-même au clavier que se produit Avery*Sunshine.

 

 

 


Dana Johnson

 

Après avoir ouvert avec I got sunshine, issu de son premier album, elle enchaîne sur l’un des titres phare du nouveau disque, Come do nothing. Vocalement impeccable – sa version du Daydreaming d’Aretha Franklin est parfaite –, la chanteuse fait le choix de compenser les limites musicales du format duo, qui lui interdit de reproduire les arrangements sophistiqués de ses disques, par un recours appuyé à un côté “bête de scène” qui semble lui être naturel : plaisanteries, anecdotes, appels à la participation du public, improvisations (parfois étonnamment proches de celles de ses concerts précédents, hum hum), reprises un peu faciles (le « Luretha Jackson medley » qui associe Jump to it d’Aretha Franklin, Never too much de Luther Vandross et Rock with you de Michael Jackson), tout y passe (même un appel téléphonique à sa mère et une version de Il est né le divin enfant…) pour un show dans lequel la dimension “spectacle” prend alors parfois regrettablement le pas sur la musique.

 

 

 

 

Celle-ci revient au premier plan quand Avery*Sunshine et Dana Johnson sont rejoints sur scène par la chorale “urbaine” Sankofa Unit et par le chanteur Sly Johnson, des habitués du lieu, pour une version habitée de Prayer room suivie du gospel He’s got the whole world in his hands – un peu prévisible – et d’un titre à la Al Green qui débouche sur Sex machine… À nouveau en duo pour le rappel, Avery*Sunshine salue D’Angelo et clôt sa prestation sur un You’ve got a friend à la Donny Hathaway, repris en cœur par le public.

 

 

 


Sly Johnson

 

Quelles que soient les réserves mentionnées précédemment, ce concert confirme la place de choix qu’occupe Avery*Sunshine dans l’aristocratie des chanteuses soul d’aujourd’hui… Une prochaine venue avec son orchestre, promise pendant le concert, pourrait bien être l’occasion d’une prestation totalement à la hauteur de son talent, qui lui permettrait d’obtenir enfin la reconnaissance qu’elle mérite.

Frédéric Adrian
Photos © Frédéric Ragot

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