Actus

06/02/2019

Chicago, 2012. © Brigitte Charvolin

Bill Sims, Jr., 1949-2019

Les disparitions brutales (elles n’en sont que plus difficiles à accepter) se succèdent en ce début d’année 2019, avec le décès récent le 2 février de Bill Sims, Jr. à l’âge de 69 ans. On avait vraiment fait sa connaissance, et tout particulièrement en France, en 2012, quand il participa à ce qui restera hélas le seul et unique album de l’Heritage Blues Orchestra (Raisin’ Music, le label de Larry Skoller, qui produisit également le disque), “And Still I Rise”. Justement plébiscité par la critique, il vaudra à la formation une nomination aux Grammy Awards l’année suivante. Le groupe comprenait donc notamment Bill Sims, Jr. (guitare), sa fille Chaney Sims (chant), Junior Mack (guitare) et Kenny Smith (batterie), mais aussi les Français Vincent Bucher (harmonica) et Bruno Wilhelm (saxophone, arrangements). Les concerts qui suivirent confirmèrent tout le talent de ces artistes, l’originalité de leur approche et la qualité de leur l’interprétation. Ils déclinaient l’alchimie parfaite avec un blues novateur porté par des cuivres et des percussions envoûtantes, tout en ferveur avec des emprunts au jazz typé New Orleans et au gospel…

 

 


Chicago, 2015

 

Mais Sims avait débuté son parcours musical personnel bien plus tôt. Il est né le 23 juin 1949 à Marion dans l’Ohio, d’un père révérend qui lui apprend visiblement bien vite les rudiments du gospel et du blues, car il débute le piano à l’âge de 4 ans, mais il deviendra un remarquable adepte de la guitare… et des percussions de type hambone ! Et dès ses 14 ans, il se produit professionnellement au sein d’un groupe plutôt typé R&B, The Jacksonian Blues… Il ne néglige toutefois pas ses études et se spécialise en musique à l’université de l’Ohio. Ses années universitaires lui permettent de se produire avec d’autres artistes, et parallèlement il apprend en écoutant des bluesmen comme Muddy Waters, Howlin’ Wolf et Freddie King, mais aussi des artistes issus d’autres courants comme les O’Jays et Jerry Butler. Car, comme il aimait le suggérer, dans les années 1950 et 1960 le blues devint le R&B, le doo-wop, la soul…

 


Avec Chaney Sims, Chicago, 2015

 

D’ailleurs, en 1971, il rejoint les Four Mints, entre doo-wop et R&B, avec lesquels il reste jusqu’en 1976. Puis Sims décide d’explorer de nouvelles voies plus audacieuses (qui préfigurent en quelque sorte l’esprit de l’Heritage Blues Orchestra) en formant les Lamorians, un groupe de jazz qui s’appuie fortement sur les percussions africaines. Désormais installé à New York, il revient au blues à la fin des années 1980 et ses activités se diversifient encore, ce qui lui permet d’être très respecté sur la scène new-yorkaise. En 1992, il signe un premier album, “Blues 101 Before Sunrise”, puis un deuxième en 1999, “Bill Sims”. En 1993, il partage l’album “American Roots Duo” avec l’harmoniciste Marc Lavoie. Parallèlement, il apparaît fréquemment à la télévision, dans des publicités, des émissions et des téléfilms, mais aussi au cinéma. La belle aventure de l’Heritage Blues Orchestra début en 2009 avec la rencontre de l’harmoniciste de Chicago Matthew Skoller. Ce dernier présente Bill Sims à son frère Larry Skoller, déjà à l’origine du projet “Chicago Blues : A Living History”. Et vous connaissez la suite… Bill Sims, Jr. révéla avoir déjà travaillé à l’écriture d’une suite au premier album de l’Heritage Blues Orchestra, mais on peut craindre qu’il n’existe pas assez d’éléments pour qu’elle prenne forme…

Daniel Léon
Photos © Brigitte Charvolin

 


Chicago, 2015

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