Live reports

18/11/2018

© Frédéric Ragot

Leyla McCalla

Quai Branly, Paris 7e

Deux mois avant la publication de son nouvel album et au milieu d’une petite tournée européenne, la chanteuse et multi-instrumentiste a fait escale à Paris un dimanche glacial de novembre. Une bien bonne raison d’aller se réchauffer dans le superbe écrin du musée du Quai Branly et son très cosy Théâtre Claude Levy Strauss, complet ou presque pour l'occasion. 

 

 

Sur scène une batterie et trois amplis : cela peut surprendre de la part d'une musicienne qui nous a habitués à un répertoire folk, trad’ et acoustique. Mais les extraits de son prochain disque qui sont parvenus à nos oreilles expliquent logiquement cette orchestration. Dans un français aujourd’hui bien maîtrisé, Leyla McCalla se présente et introduit les premiers titres. Pour ouvrir le bal, c’est Girl, un texte de Langston Hugues qu’elle mit en musique dans son premier album. Jouée au violoncelle, en accords et sans archet, avec l’appui feutré de ses acolytes, cette captivante composition nous rappelle illico que McCalla possède ce quelque chose de singulier qui la différencie de nombreux interprètes. 

 

 

 

Cette New-Yorkaise d’origine haïtienne est installé depuis huit ans à La Nouvelle-Orléans. Un choix qu’elle explique au public assez simplement : se rapprocher de ses racines, géographiquement comme culturellement, la célèbre ville de Louisiane étant probablement la plus caribéenne des métropoles états-uniennes. 

 

 

Culture folk, conscience politique et nouvelles chansons

Avec cette soif d’expliquer pas à pas sa démarche artistique et les moments forts de sa vie personnelle (elle vient d’avoir des jumeaux), McCalla se fait didactique. À chaque chanson ou presque, précède un petit commentaire sur son origine. Quand elle n’a pas un mot sur les enjeux actuels (économiques, politiques, écologiques), elle cite Ella Jenkins et Abner Jay en prémices à Little sparrow et Vietnam par exemple. Deux titres déjà entendus sur son deuxième disque (“A Day For The Hunter, A Day For The Pray”). Deux titres qui reflètent la solide culture patrimoniale qui nourrit son répertoire.

 

 

 

Avec ce “Capitalist Blues”annoncé pour janvier 2019, Leyla McCalla est aussi là pour présenter de nouveaux morceaux. Selon le climat, Peter Olynciw alterne basse électrique et contrebasse, tandis que le batteur Shawn Myers range parfois ses baguettes pour caresser ses fûts aux balais. Quant à la rutilante demi-caisse du guitariste David Hammer, elle sait se faire délicate et blues, ondoyante et caribéenne (on pense parfois aux phrasés dansants du compas haïtien) jusqu’à flirter avec une forme de rock. Tout aussi à l’aise avec son banjo, son violoncelle et sa guitare électrique, la patronne du jour changera elle aussi régulièrement d’instrument pendant cette heure et demie de concert.

 

 


Shawn Myers

 


David Hammer

 


 Peter Olynciw

 

Après deux petits rappels, Leyla McCalla nous quitte en annonçant que le prochain rendez-vous parisien est prévu en mars 2019 (le 27) à la Cigale. Un calibre de salle qui en dit long sur le chemin parcouru depuis sa première venue il y a quelques années dans le cadre de Paris Quartier d’Été, manifestation estivale gratuite dans les parcs et jardins de la capitale.    

Julien D.
Photos © Frédéric Ragot

 

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