Live reports

04/11/2018

© Frédéric Ragot

PJ Morton

Bizz' Art, Paris 10e

Casquette sur la tête, un jeune homme tente sa chance. « Vous savez s'il reste encore des places ? ». Plus beaucoup à en juger par la double file d'attente qui réchauffe le trottoir du Bizz'Art. Du monde, il y en avait pour venir voir PJ Morton performer là où il avait séduit et conquis le public parisien un an plus tôt. Une nouvelle fois très attendu, le soulman en chef de La Nouvelle-Orléans a suivi intelligemment la même recette : une pleine marmite de “Gumbo”, du nom de son album wonderien salué par deux nominations aux Grammy Awards.

 

 

Et pour pimenter ce plat très rassasiant, quelques épices piochées dans de “vieux pots” toujours parfumés : les siens (appréciables retrouvailles avec My Superstar, morceau tiré de son premier disque paru en 2005) ou ceux des autres comme cette relecture fidèle du classique de Bob Marley Is this love. Dans un registre moins roots, citons également l'intro d'I want you back utilisée comme interludeoule langoureux Have you seen her emprunté au quatuor de Chicago The Chi-Lites. De beaux prétextes pour dérouler du bout des doigts une musicalité de très haut niveau, qui doit aussi à des musiciens et choristes toujours justes et à l'écoute. 

 

 

 

 

 

Clavier hors pair (Maroon 5 ne s'y est pas trompé en l'enrôlant voilà huit ans), bâtisseur de solides mélodies qu'il se plait à détourner de leur chapelle sixties dans de longs jamsfunky (Everything's gonna be alright), PJ Morton est aussi et surtout un vocaliste de premier plan. Un enfant nourri de gospel (son père est pasteur) dont le timbre très sûr rappelant un certain Stevie s'envole parfois pour décrocher quelques notes au sommet de l'émotion (un First began beau comme au premier jour) ou de l'énergie (le final désarmant de Sticking to my guns).

 

 

 

 

Dans un set très resserré dont il est désormais coutumier (une heure à peine, rappel compris), PJ Morton aura fait étalage de son impressionnant bagage technique, en digne héritier d'une soul à forte concentration de groove et de spiritualité. Les dangers d'une croyance instrumentalisée (Religion), l'amour plus fort que les doutes (Go thru your phone et ses caresses de guitare), ou les vertus de l'intégrité face à des majors sans pitié (Claustrophobic) : autant de messages universels qui auront touché profondément le cœur des fidèles, très nombreux à assister à cette grand messe, programmée exceptionnellement, un dimanche soir.

Mathieu Bellisario
Photos © Frédéric Ragot

 

 

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