Live reports

05/10/2018

© Frédéric David

Judith Hill

New Morning, Paris 10e

Évacuons d'emblée ce que tout le monde sait déjà. Oui, Judith Hill a été, comme d'autres avant elle, une protégée de Prince. “Back In Time”, l'excellent premier album de la chanteuse californienne enregistré comme il se doit à Paisley Park, portera assez haut leur collaboration musicale. Interrompue hélas, par les “injustices de la vie”. Prince comme mentor, un accélérateur de carrière autant qu'une filiation lourde à porter. C'est vite oublier le talent sans limite de Judith Hill, lancée depuis plusieurs semaines dans une tournée marathon pour venir défendre un prochain disque encore bien mystérieux. L'occasion d'en apprendre davantage avec sa seule date française, programmée dans l'étuve du New Morning.

 

 

Dans le public ce soir-là, une large frange de fans du Love Symbol, imprimé sur de nombreux t-shirts humides. Ceux-là déjà convaincus, il fallait encore charmer le reste de l'audience, comme ce jeune couple assis sur les marches, persuadé d'être venu voir « un concert de gospel » (sic). Ils auront sans doute été surpris d'entendre dès l'ouverture des harmonies plutôt classiques posées sur un piano, avant de recevoir une explosion de groove dès le morceau suivant, jamais entendu auparavant. Basse toxique, couplet dansant avec un petit gimmick vocal qui va chercher les notes tout en haut, et refrain pop rapidement assimilé : la formule marche à merveille. Elle se voit même sublimée par ce petit clin d'œil au Don't stop 'til you get enough de Michael Jackson, dont Judith Hill fut l'une des choristes lors de la tournée “This Is It”, stoppée avant même d'avoir pu démarrer. Les “injustices de la vie”, encore une fois. 

 

 

 

Tout au long du concert, subtilement balancé entre anciens morceaux (Turn upet son intro façon James Brown), nouveautés prometteuses (Queen of the hill) et hommages appuyés (le Rock steadyd'Aretha ou Let's do it again des Staple Singers en rappel), le funk, la pop, la soul et quelques tempos lents un peu trop évidents (Irreplaceable loveque l'on devine dédié à Prince) viendront se mélanger dans la voix puissante et pleine de nuances de Judith Hill. Une vocaliste accomplie doublée d'une musicienne touche à tout, aussi à l'aise au piano qu'avec une guitare entre les mains. Longtemps installée dans l'ombre (elle le raconte dans le documentaire oscarisé 20 Feet from Stardom), c'est désormais dans la lumière que l'Américaine de 34 ans exprime ses envies comme ses doutes, véritable showgirl maîtrisant tous les codes de l'entertainment, interpellant son public, laissant aussi la place à son groupe d'exister avec de nombreux solos (mention spéciale pour l'impeccable Michael White à la batterie).

 

 

 

 

 

 

Un vrai sens du collectif car chez les Hill, la musique reste avant tout une Family Affair. Fille de musiciens, Judith partage la scène avec son père Peewee à la basse (brillant et dominant) et sa mère Michiko, l'autre star de la soirée. Un personnage attachant, étonnant, intenable derrière ses claviers dont les sonorités très eigthies pourront parfois heurter, comme ces cuivres synthétiques à bout de souffle, seul rempart pour masquer l'absence d'une vraie section. Sans doute la seule fausse note d'une partition jouée à la perfection.   

Mathieu Bellisario
Photos © Frédéric Ragot

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