Live reports

12/10/2017

© Cyril Fussien

Girma Bèyènè & Akalé Wubé

New Morning, Paris, 10e

Cela fait bientôt dix ans que le quintet parisien Akalé Wubé s’attache à illustrer sur scène (et occasionnellement sur disque) les richesses des musiques éthiopiennes, dans leurs versions “modernes” ou plus traditionnelles, telles que les a fait découvrir au public occidental l’extraordinaire aventure discographique de la collection “Ethiopiques” lancée par Francis Falceto et désormais éditée par Heavenly Sweetness. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette série qu’est paru le dernier album du groupe qui les associe à un vétéran du “Swingin’ Abbis”, le pianiste, compositeur et arrangeur Girma Bèyènè. De la fin des années 1960 au milieu des années 1970, celui-ci, souvent associé au fantastique chanteur Alèmayèhu Eshèté, contribue largement à l’émergence de ce que l’on appelle désormais l’éthiojazz, au sein duquel les influences jazz et soul se combinent aux épices locales pour créer un son à la fois très original et très accessible. Éloigné de la scène musicale depuis son exil aux États-Unis au début des années 1980, Bèyènè n’avait jusqu’ici pas bénéficié de l’intérêt renouvelé pour les musiques éthiopiennes qui a permis à son contemporain Mulatu Astatke de tourner régulièrement par chez nous.

Sur la scène du New Morning – enfin réouvert après quelques travaux de rafraîchissement nécessaires et réussis –, c’est Akalé Wubé qui se présente tout d’abord, le temps de deux instrumentaux occupant les deux extrémités du spectre des musiques éthiopiennes : le son cuivré de l’éthiojazz, tout d’abord, puis une version plus traditionnelle, portée en particulier par le recours au krar, cette sorte de lyre typique du son éthiopien. Girma Bèyènè se joint ensuite au quintet pour un set en deux parties (la seconde commençant par une reprise, dans un arrangement différent, du titre qui avait clôt le premier) reprenant largement le répertoire de l’album partagé avec Akalé Wubé. Pianiste pertinent, il se montre limité mais sympathique en tant que chanteur, un peu à la façon d’un Joe Bataan, compensant un registre un peu étroit par un visible plaisir de jouer sa musique en public et de la partager avec des amateurs dont une bonne partie n’était pas née quand il enregistrait ses premiers 45-tours. Si sa prestation ne fait pas autant d’effet que la découverte, il y a quelques années, d’un Mulatu Astatke – Bèyènè n’avait quasiment pas joué depuis les années 1980 avant sa rencontre avec Alaké Wubé –, cela reste un plaisir d’entendre “en vrai” un tel vétéran, preuve vivante de la richesse de la musique de son pays d’origine.

Frédéric Adrian

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