Live reports

26/09/2017

© Fouadoulicious

PJ Morton

Bizz'Art, Paris 10e

Promesse tenue ! L'événement soul de cette rentrée a bien eu lieu Quai de Valmy, dans l'enceinte d'un Bizz'Art comme souvent emplie de ferveur. Tout à fait le genre d'accueil que méritait PJ Morton, venu avec un trio de vieux complices angelinos et un duo de choristes originaires de Washington DC, The Amours.

Avant cela, un autre expert des claviers a fait honneur à la copieuse panoplie déployée ce soir (Yamaha Motif, Fender Rhodes, Moog…), Isma Hill. Un choix judicieux tant le Francilien, épaulé par son groupe affûté, a le bagage et les idées pour s'exprimer dans le sillage du RH Factor de Roy Hargrove, en plus hip-hop par l'entremise du MC Mr. E. Le chant (neo)soul de Rasheed Kiro Farrio partage le centre de la scène et la bande explore “The Line”, album paru en 2015 (3 étoiles dans SB 218). Je n'ai pu voir que les trois derniers morceaux mais le constat est sans appel : le Bizz'Art a déjà chaud.

 


Stéphane Shorty Jandon, Isma Hill

 


Mr. E, Rasheed Kiro Farrio 

 

Quand PJ Morton se fraye un chemin jusqu'à son armada de touches en tout genre, son groupe plante déjà le décor depuis une volée de mesures : le groove sera dense et inspiré. Et “Gumbo”, son excellent nouvel album (cf. SB 227), au cœur du sujet. Quel répertoire ! Pas de temps à perdre, le soulman de La Nouvelle-Orléans abat d'emblée trois cartes maîtresses qu'on attendait : Sticking to my guns (funky à souhait), Claustrophobic (sa réponse aux directeurs marketing de l’industrie musicale) et Religion, qui avec son refrain entêtant (« nothing to do with it ») pointe les dérives d'une croyance instrumentalisée. Les quelques soucis de réglages dans les retours n'ont pas raison du dynamisme survolté du sextet dont l'assise technique permet à un florilège d'idées (mises en place, relances, incartades et autres parenthèses) de s'épancher joyeusement.

 


Ed Clark, Brian Cockerham, PJ Morton

 


PJ Morton

 

 


Shemaiah Turner, Ed Clark, Brian Cockerham

 

Impérial aux claviers (basse chantante au Moog, coulis de Rhodes, salves d'accord churchy…), Morton semble d'abord forcer un peu sur ses cordes vocales avant de trouver le juste dosage, celui qui fait vibrer en lui son influence majeure, Stevie Wonder. Le voilà qui embraye sur son tubesque Only one (extrait de “New Orleans”, l'album précédent) : la salle entonne le refrain, elle chante aussi quand le groupe glisse vers Wonder (Living for the city) et elle chavire quand s'opère une bascule reggae (Is this love de Marley). C'est là qu'on prend pleinement conscience du niveau des deux choristes : Shaina Aisha et Jakiya Ayanna, alias The Amours, pratiquent la haute voltige harmonique. Frissons.

 

 

 


Shaina Aisha, Jakiya Ayanna (cachée), PJ Morton, Shemaiah Turner (caché), Brian Cockerham

 

Morton pioche aussi dans ses titres plus anciens, Don't ever leave, I need your love, jusqu'au My superstar, titre inaugural de son premier album solo (2005) qui rappelle au passage la cohérence de l'ensemble de son œuvre. Et lorsqu'il revient à “Gumbo”, le Bizz'Art exulte. Ce Go thru your phone qui rampe le long d'une guitare tissant des arabesques et ce Everything's gonna be alright tout droit sorti de l'église illustrent à merveille le potentiel de cet album à sensations fortes.

 

 

 

Avant les au revoir, Morton interprète aussi deux requêtes spécifiques, Mountains and molehills et They gon' wanna come. De l'ancien, du nouveau, deux compos à fleur de peau qui touchent en plein cœur. Chapeau.

Nicolas Teurnier
Photos © Fouadoulicious

 


Ed Clark, PJ Morton

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